Lilium regale. (Liliacées). Les oignons de lis sont souvent vendus dans un empaquetage de tourbe pour éviter leur dessiccation. Il est bon de les planter aussitôt après l'achat, en automne, excepté le lis blanc ordinaire qui doit être planté aussitôt après sa floraison, au moi de juillet. Les autres espèces sont presque toutes importées d'Amérique ou du Japon. Il faut surveiller les arrivages chez les marchands pour les avoir aussi frais que possible. Les nouveaux hybrides sont en général assez rustiques, mais demandent une bonne exposition, un sol à la fois profond, riche et léger, il faut les planter à 20 cm de profondeur au moins. En effet, beaucoup d'espèces exotiques émettent des racines, non seulement à la base du bulbe, mais aussi tout le long de la partie de la tige qui est enterrée, ces racines sont nécessaires à leur bonne nourriture. Il faut en outre que le terrain qui leur est réservé soit absolument vierge de mauvaises herbes, car ils ne supportent pas qu'on vienne piocher à leur pied. Tous redoutent un excès d'humidité, si on veut avoir une belle collection, le plus sage sera de leur préparer un massif spécial, profondément labouré, drainé en profondeur avec des scories, du charbon de bois et surfacé d'une généreuse épaisseur d'un mélange de terreau et de tourbe de premier choix. Malgré leur relative rusticité, en hiver, on recouvrira leur massif avec des feuilles mortes qui les protégeront à la fois du froid et de l'excès d'humidité. Certains supportent le calcaire et d'autres non. Mais, comme tous peuvent pousser acide (tourbe ou terre de bruyère), le plus sage est de réserver ces sortes de mélanges pour toutes les espèces. Vérifiez toujours au moment de l'achat si les bulbes ne sont pas atteints par le <<rouge>>, qui se reconnaît au fait que les écailles se détachent toutes seules. En ce cas, n'achetez pas et si les vôtres sont atteints, brûlez-les. Surveillez aussi, pendant leur croissance, la présence d'insectes indésirables, dont le plus détestable est le Criocère du lis (Criocera merdigera), qui dévore les feuilles. Quelques pucerons sont également redoutables, car ils peuvent être les vecteurs de maladies à virus incurables. Pulvérisez donc aussitôt qu'apparaissent ces ennemis. Le meilleur moyen d'avoir des bulbes vierges de virus est de les semer, mais ce procédé ne reproduit jamais exactement les parents, qui ont été tellement hybridés qu'on observe constamment des disjonctions de caractère.
Muscari-Blue-Star (Liliacées). Les muscaris se présentent sous la forme de grappes de fleurs, petites, globuleuses et bleues. Plusieurs espèces poussent à l'état sauvage dans nos régions et sont souvent une très mauvaise herbe, dans les vignobles en particulier. Mais ce sont des plantes printanières très agréables, douées d'une odeur spéciale et qui ne demandent aucun soin particulier. Ils se multiplient d'eux-mêmes dans les bosquets, soit par semis naturels, soit par division progressive des bulbes. La variété la plus intéressante est le M. Monstosum, dit <<lilas de terre>>, dont toutes les fleurs avortées sont transformées en légers filaments d'aspect plumeux et d'un beau bleu pâle. L'effet est saisissant, mais cette variété ne donnant pas de graines, elle est difficile et lente à multiplier.
Narcissus. (Amaryllidacées). On classe les narcisses selon les usages qu'on veut en faire, soit pour les massifs ou pour la fleur coupée, soit pour être naturalisés dans le gazon ou les bosquets. Mais leur véritable classification dépend de la longueur du tube central de la fleur (qui peut être énorme dans les narcisses dit <<trompettes>>, réduit à une couronne très courte comme dans les narcisses des poètes et analogue). Il en est don les fleurs sont solitaires sur la tige et d'autres où elles éclosent en bouquets. En général, les jaunes sont inodores et les blanches sont plus ou moins suaves, mais parfois d'odeur si violente qu'on peut à peine les supporters. La taille des bulbes correspond à la puissance de végétation de la plante. Ceux des narcisses trompettes sont souvent énormes et vendus trois par trois. D'autre part, les petites espèces peuvent avoir des bulbes qui ne seront pas plus gros que des noisettes. Il est assez gênant de les planter dans pelouses, car si on fauche leur feuillage avant qu'il soit desséché. Les bulbes ne peuvent mûrir et finiront par périr. Comme les feuilles ne sèchent que très tardivement, elles sont très disgracieuses dans gazon bien soigné. On force très facilement les bulbes de bonne grosseur, parfois simplement sur des cailloux maintenus mouillés. Mais évidemment, après un traitement aussi sauvage, les bulbes sont épuisés et ne valent plus rien. Ils sont tous rustiques, à l'exception des variétés naines (N cyclamineus, N. minimus, N. bulbocodium), qui demandent une couverture en hiver, ou comme le narcisse de Constantinople, à fleurs très nombreuses, qui ne peut être cultivé avec succès que dans les régions à climat méditerranéen. Ces semis, faits en serre froide dès le printemps, produisent dès l'automne des bulbes prêts à donner une première floraison l'année suivante. Pour le jardin, en tout cas, on ne choisira que les espèces garanties comme étant les plus rustiques.