Le sol doit être bien drainé, mais capable de garder de la fraîcheur, fertile sans l'être trop et ouvert à toute la lumière et tout l'air possibles. Un généreux apport de fumier ou d'autres matériaux humiques seront enfouis en automne et la surface sera laissée en mottes. Vers la mi-avril, un épandage de 125 g de bon engrais équilibré sera le bienvenu, mais pas à plus de quelques centimètres. Lorsqu'on procède à la plantation des chrysanthèmes, il faut placer tout de suite des tuteurs dans les pots ou à côté des plans. Les variétés tardives, plantées toujours en pots, seront placées en même temps dans leurs quartiers d'été, les pots enterrés jusqu'au bord. Tous les plants seront tuteurés et tous les tuteurs, bien alignés avec les pots, seront assurés par une ficelle qui les reliera à 1.20 m du sol. Il convient de laisser un espace de 40 cm au moins entre les pots et de 60 cm au moins entre les rangées pour en faciliter l'accès. En se développant, un pied de chrysanthème forme une tige unique qui grandit jusqu'à ce qu'apparaisse un bouton à fleurs à son sommet. Normalement, ce bouton se montre si tôt dans la saison qu'il n'arrive pas à devenir une fleur, mais il oblige la plante à se diviser en plusieurs branches qui lui donnent l'allure d'un buisson. On appelle ces boutons des « boutons-couronnes ». Si on les pince, les branches formeront à leur tour, deux fois de suite, des boutons. Selon la saison et selon que l'on désire une touffe à plusieurs fleurs, ou une fleur unique au-dessus de la tige feuillée, on laissera plusieurs boutons, ou un seul, en pinçant tous les autres. Ces boutons-là sont les « premiers boutons-couronnes ». Quand d'autres tiges feuillées poussent autour de ces boutons, elles produisent à leur tour d'autres boutons qu'on appelle « seconds boutons-couronnes » ; si Le jardinier n'intervient pas, une couronne de grandes fleurs disputera l'espace aux plus petites fleurs de la deuxième génération. Les variétés précoces fleurissent d'habitude sur ce premier bouton et on se contente de les pincer des quand les plantes sont bien établies en pleine terre, en juin, pour les faire ramifier. Quand les branches latérales ont 15 centimètres, il faut raccourcir les plus longues et les plus faibles, en laissant quatre ou cinq feuilles à chacune.
Quand le premier bouton-couronne apparaît, on enlève les pousses qui l'entourent et on laisse alors fleurir. En fait, beaucoup de ces variétés précoces sont très rustiques et ne demandent ni soins ni taille, mais seulement un peu d'engrais. Beaucoup de variétés tardives donnent de plus belles fleurs avec les deuxième bouton-couronnes.
Le procédé est le suivant : on effectue d'abord le premier pincement ; les branches latérales issues de ce premier pincement doivent être à nouveau pincées en supprimant les pousses nouvelles. Le résultat en sera la croissance de nouvelles pousses latérales auxquelles on laissera former des boutons qui seront traités pour ne laisser que celui du centre.
Les variétés en buissons, ou pompons, font exception à la règle. Celles-ci se ramifient naturellement et vous les y encouragerez en les pinçant une seule fois quand les plantes auront 20 cm de hauteur. Puisque la beauté de cette plante réside dans le nombre élevé de leurs petites fleurs en boule ou portée en bouquets serrés, il ne faut pas les troubler dans leur croissance naturelle. À la fin mai, toutes les plantes auront bien grandi, soit en pots soit au jardin, et, en moins de six semaines, les plus précoces se seront développés en buissons portants chacun six ou huit branches chargées de boutons. Un sol bien préparé et fertile donnera d'excellents résultats sans engrais particulier, mais il est quand même bénéfique d'en apporter un peu : d'abord, au début juin, pour favoriser un prompt établissement, et ensuite, à la fin juin, pour que les plantes soient en pleine santé au moment où se forment les boutons.