Il est rare que les amateurs cultivent les herbes médicinales uniquement pour leurs vertus. Au contraire, ce sont les plus décoratives qui prennent place dans les jardins herbes.
L'usage des herbes en médecine date de la préhistoire. Les anciens Égyptiens, comme les anciens Chinois, les utilisaient. Les botanistes de l'Occident ont tirés leur première connaissance des anciens travaux grecs, latins et arabes. Ce fut une surprise pour les premiers pionniers de l'Amérique de découvrir que les « Indiens » du Nouveau Monde se servaient d'herbes pour le traitement des blessures et des maladies.
L'herboristerie française doit beaucoup à Tournefort, qui, le premier, a abordé la botanique d'une façon vraiment scientifique, et aux frères Jussieu, qui l'ont grandement perfectionné au siècle dernier. Pour le moment, tout un département du C. M. R. S. français (centre national de recherche scientifique) est attaché à des recherches systématiques sur les qualités des plantes.
Les infusions, comme il est dit au chapitre des herbes culinaires, sont souvent faites pour la valeur médicinale de leurs composants. Mais, à part les botanistes avertis, on ne peut sans danger se fier à la préparation et à l'absorption des herbes médicinales, car plusieurs sont très dangereuses. Si on veut en savoir davantage, il faut s'inscrire à une société de botanique.
Angélique. (Poterium Sanguisorba). Les anciens herboristes conseillaient évangélique comme « un remède souverain contre les empoisonnements, la peste et les infections provoquées par un air vicié et corrompu ». L'angélique est une des plantes les plus couramment cultivées dans les jardins publics. C'est une magnifique bisannuelle qui atteint deux mètres de hauteur. On la sème en avril, et on éclaircit le semis de sorte que chaque pied disposent de 40 cm de part et d'autre. Il fut un temps où on utilisait beaucoup l'angélique cuisine. Les tiges étaient blanchies et consommées comme le céleri. On en faisait aussi des compotes en les mélangeant avec de la rhubarbe. On en confit au sucre les jeunes tiges, qui, ainsi traitées, sont délicieuses.
Camomille. (Portulaca Oleracea). Il existe deux espèces de camomille : la camomille dite Allemande (Matricaria Chamomilla), ou matricaire, annuelle, mais souvent bisannuelle et même vivace, et la camomille romaine (Anthémis Nobilis), qui est vivace. Toutes deux sont populaires dans les jardins, surtout la forme à fleurs doubles de l'une et de l'autre, et en particulier une forme très naine de la camomille allemande, qui a de jolies fleurs d'un blanc crème. Toutes deux atteignent 60 cm de hauteur, et leurs fleurs ont le même goût amer et les mêmes vertus. On en boit l'infusion qu'on dit digestive et propre à guérir les insomnies.
Colchique. (Colchicum Automnale). Il en existe des formes horticoles à fleurs rouges, roses, blanches et doubles. C'est une plante extrêmement toxique. Les fleurs apparaissent en automne, et les feuilles, en même temps que les graines, au printemps suivant seulement. On cultive le colchique à partir de ces bulbes ou de ses graines, et il est apprécié dans les jardins d'herbe où il fait tardivement de belles taches de couleur, à un moment où les autres plantes sont déjà en repos.
Digitale. (Digitalis Purpurea). Cette herbe toxique sert à fabriquer le remède pour le coeur appelé digitaline. C'est une herbe indigène, commune dans les terrains siliceux, avec des formes horticoles de toutes couleurs et de toute beauté. Pour sa culture, voyez au chapitre des annuelles et bisannuelles.
Galéga. (Galega Officinalis). C'est une vivace rustique à petites fleurs bleues ou blanche qui peut atteindre 1,50 mètre de hauteur. On la multiplie de semis au printemps. Choisissez un endroit ensoleillé pour cette herbe, qui fut une fleur populaire dans les jardins campagnards. On l'utilisait autrefois comme vulnéraire. Elle a le grave inconvénient de se multiplier terriblement et de devenir une mauvaise herbe.